Un enfant de chez nous qui aurait pu gagner le Tour de France - Partie 2

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1937

 

Alors qu’au Borinage et à Boussu-Bois en particulier, on se préparait à recevoir notre héros en triomphateur, c’est la consternation et la colère. 

 

Vite, il est décidé de le recevoir comme prévu dès son retour de Bruxelles. Voici des extraits de la relation de l'accueil dans La Province :

 

« C’est chez Milou Bruneau à Mons que commencèrent les opérations. Se trouvaient là, papa et maman Disseaux fleuris comme pour des noces d’or, un autocar chargé jusqu’au radiateur de partisans du héros et enfin notre Bertin entouré, bousculé, embrassé, étranglé, frictionné mais souriant toujours et dédicaçant en quantité industrielle. Un charmante fillette de Dour, Odette Moreau*, récita un petit compliment et offrit un bouquet de fleurs. Puis le cortège automobile s’ébranle. En tête, les supporters suivis par une voiture découverte conduite par M. Bruneau ayant à ses cotés Bertin. On traverse Jemappes, Quaregnon, Wasmuël, on dévie vers St-Ghislain. Partout on lance des acclamations, des baisers, des fleurs.  Souvent le cortège doit s’arrêter et aussitôt Bertin est livré à la fureur buccale de braves commères et de jeunes filles. Avec bonne grâce, il répondait coup pour coup et fleurissait les plus jolies.

 

Il est 17hrs, lorsque le cortège arrive à la gare de Boussu. Une calèche attend Bertin pour un voyage triomphal dans Boussu. La fouleest tellement dense que Bertin eut toutes les peines du monde pour atteindre le landau malgré une escouade de gendarmes à cheval. Sur tout le parcours,   il y avait des portraits monumentaux de Disseaux. Devant la Maison Communale pavoisée comme pour la grande ducasse, ce fut la folie quand il arriva.

 

Ensuite: réception par le bourgmestre et les autorités, discours, champagne, fleurs, apparition du héros au balcon sous les vivats, dépôt de fleurs au monument aux morts. 

 

Puis on monta vers Boussu-Bois: il y avait les gendarmes à cheval, la Société des Fanfares de Boussu-Bois, la musique des supporters, des délégations de tous les clubs cyclistes des environs et le landau d’honneur submergé de gerbes et de bouquets d’où émergeaient le sourire de Bertin, la fierté de Maman Disseaux et la joie modeste de Papa Disseaux.»

 

Arrivés à St-Charles, au café “Disseaux”: 

 

« Au-dessus de la porte, un faux balcon, pavoisé aux couleurs nationales, avait été dressé. Au milieu, d’un invraisemblable amas de gerbes on plaça la bécane de Bertin et lorsque celui-ci se montra à la foule, il monta de celle-ci une ovation qui déferla jusqu’aux corons les plus éloignés. Un dirigeant  du club cycliste, fit un bref discours qui souleva l’enthousiasme: “ Aujourd’hui vous acclamez un pur héros du Tour de France; L’an prochain c’est le maillot jaune qui sera ici parmi-nous. Vive Bertin. Vive Disseaux.”».

 

A ce moment, les publications sportives françaises voient en lui un futur vainqueur.

* En 2015, Odette Moreau à 86 ans, gère toujours la librairie que tenaient ses parents à Dour en 1937. 

 

 

En1938, leader de l'équipe B, il termine 12ème. En 1939, dans une épreuve perturbée par les bruits d'une guerre qui s'annonce, il est 9ème. Ensuite c'est la guerre.

 

Après la guerre, Bertin a plus de trente ans, il gagne encore quelques belles courses mais son temps est passé, le Tour de France c'est fini pour lui. Il est décédé à Aunay-sous-Bois en 2002.

 

 

Claude Duray

 

 

 

 

(Grâce à Claude Duray, découvrez le début de l'histoire de Disseaux dans l'article du 13 juillet sur votre blog)

 

L'histoire sera à voir en détails en octobre sur Télé MB, dans “Quartiers d'histoire, histoire de quartiers”.                                                               

 

 

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