Critique ciné : The Descendants

cinéma, illusion prod, ciné-dourTous les mercredis, l'asbl IllusionProd (réalisatrice de court-métrages) nous fait découvrir sa critique d'un film à l'affiche. Retrouvez toutes les critiques dans cette catégorie.

Cette semaine : The Descendants

Savourez un film américain à gros budget aux intéressants traits d’un film d’auteur.

Synopsis

A Hawaii, la vie d’une famille bascule. Parce que sa femme vient d’être hospitalisée suite à un accident de bateau, Matt King tente maladroitement de se rapprocher de ses deux filles, Scottie, une gamine de dix ans vive et précoce, et Alexandra, une adolescente rebelle de dix-sept ans. Il se demande aussi s’il doit vendre les terres familiales, les dernières plages tropicales vierges des îles, héritées de ses ancêtres hawaiiens.

Quand Alexandra lui révèle que sa mère avait une liaison, le monde de Matt vacille. Avec ses
deux filles, il part à la recherche de l’amant de sa femme. Durant une semaine essentielle, au fil de rencontres tour à tour drôles, perturbantes et révélatrices, il va finalement prendre conscience que sa principale préoccupation est de reconstruire sa vie et sa famille…

La critique

What else ? Couronné de 2 Golden Globes, le duo Payne – Clooney peut déjà se targuer d’avoir réalisé un film qui a fait mouche auprès du public cinéphile. Et ce n’est pas terminé, puisque qu’il a aussi été plébiscité par l’Académie des Oscars à 5 reprises, dont l’Oscar rêvé par George, celui de meilleur acteur, qu’il touche du bout des doigts depuis plusieurs années (2010 pour In the Air, 2008 pour Michael Clayton), sans jamais l’obtenir. Et ce n’est malheureusement pas celui du second rôle pour Syriana qui le contentera définitivement.

Matt King est certainement un des rôles les plus aboutis de Clooney. Pointu, drôle, généreux et émouvant, il donne une performance exceptionnelle d’un homme éveillé, pour la première fois depuis des années, par l’immensité de sa perte. Quelques scènes, en particulier une à l’hôpital, peuvent être soulignées comme des grands moments cinématographiques. George y transforme habilement la sentimentalité en instant de grâce.

D’une drôle de façon, Alexander Payne devient le Stanley Kubrick de la comédie grave américaine : Il met une éternité à réaliser un film, cherchant à chaque fois (comme Kubrick) le livre parfait à adapter. Mais quand il le découvre enfin et commence à travailler (dans ce cas, il s’agit du roman de Kaui Hart Hemmings), il transforme chaque film en un univers magistralement réalisé et habité.

The Descendants est un film où les silences sont d’une intensité rare, ce qui est encore plus impressionnant, surtout venant d’un film américain. La beauté du décor d’Hawaii est à couper le souffle et contraste avec le dramatique de la situation, effet de style on le sent clairement voulu par Payne. Allez, on peut dire sur ce coup que George mériterait presque son Oscar …

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