Un réfugié met le feu deux fois

Capture d’écran 2013-04-10 à 08.34.32.pngKany est vraiment un demandeur d’asile désespéré. Il l’a fait comprendre par le feu. Ça lui vaut d’être emprisonné depuis le 30 décembre 2012... et de comparaître devant le tribunal de Mons pour deux incendies volontaires commis coup sur coup au CPAS de Dour, où il bénéficiait d’une chambre pour candidat réfugié.

Le 28 décembre 2012, ce Guinéen d’origine vient d’apprendre le troisième refus de la part de l’État belge, de sa demande de permis de séjour. Il est 19h quand il rentre à son logement dépendant du CPAS de Dour. Dans la cour de l’immeuble, il boute le feu à ses vêtements, à un matelas et à une chaise. Premier avertissement du parquet qui le laisse libre. Le 30 décembre, Kany remet le couvert, cette fois dans la chambre qui lui sert de logement de candidat réfugié : il enflamme ses papiers administratifs et ses derniers vêtements. Mais alors, il est dépassé par les événements : le feu se propage, détruit la télé, le lit et la chambre. Il tente en vain d’éteindre le brasier avec un pote, avant de faire appel aux pompiers dourois. Ceux-ci limitent heureusement le feu à sa seule pièce d‘habitation : l’immeuble est habité par une dizaine d’occupants, dont un couple avec enfant en bas âge... Interpellé le soir même, errant le long de la grand-route, torse et pieds nus, il justifie son geste auprès des policiers : "C’est une prière de bonheur pour qu’il pleuve et que le soleil brille aussitôt après ».

Cette fois, Kany est placé sous mandat d’arrêt pour incendies volontaires, et incarcéré. Comme le stipule Vincent Baert, substitut, la justice choisit de ne pas l’inculper de deux autres feux, limités, boutés le 28 à une dépendance à Dour, et à la St-Sylvestre, à des effets de son cachot ! « J’étais dépressif, et à chaque fois, j’avais bu de l’alcool, moi qui n’en buvais jamais », se défend-il. « J’aime la Belgique. Mais quand je serai libre, je rejoindrai mes deux enfants de 2 et 5 ans, en Espagne », plaide-t-il. Vincent Baert requiert trois ans ferme contre le prévenu. Me Jonathan Jurga demande que le tribunal assortisse sa peine d’un sursis simple. "Ses explications dénotent à tout le moins d’un choc de cultures. Kany vient de loin, on peut comprendre son désespoir. Il n’a même plus de papiers, puisqu’il les a brûlés », plaide l’avocat. Jugement le 22 avril. 

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