Critique cinéma : "La Grande Aventure Lego" de Phil Lord et Christopher Miller

images.jpegCette semaine, découvrez la critique cinéma du film «La Grande Aventure Lego» de Phil Lord et Christopher Miller ! Tous les mois, découvrez sur votre Blog les films qui ont impressionné, étonné ou ému Julien Teirlynck. Merci à Illusion ASBL !

Synopsis :

Emmet est un petit personnage banal et conventionnel que l’on prend par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Il se retrouve entraîné, parmi d’autres, dans un périple des plus mouvementés, dans le but de mettre hors d’état de nuire un redoutable despote. Mais le pauvre Emmet n’est absolument pas prêt à relever un tel défi !

 

Critique :

Pour fêter ses 75 ans LEGO nous sort de son traditionnel spot TV nous racontant l’histoire de la petite brique et décide de fêter son jubilée sur grand écran. Une erreur marketing assez regrettable étant donné que la marque se montre mentor en ce qui concerne le recyclage intempestif nous offrant chaque année une nouvelle nuance de son univers à emballer sous le sapin. On s’attend donc à un plagiat sans vergogne de la traditionnelle comédie familiale de fin d’année. Mais il n’en est rien. The Lego movie est un petit bijou d’inventivité sculpté en collaboration avec la firme danoise, et le duo Lord & Miller, qui s’était déjà fait un nom et une réputation depuis Tempête de Boulettes Géantes et son Golden Globe.

Le film joue énormément sur le cliché du héros de cinéma traditionnel des comédies pour enfants ; un enfant, en général mal dans sa peau, différent de la moyenne à qui on va faire comprendre qu’il n’est pas celui qu’il semble être. Un raccourci scénaristique auquel tout studio d’animation s’est un jour ou l’autre abandonné. Ici on nous offre un homme de la moyenne qui hormis une joie de vivre un rien suspecte se fond parfaitement dans la masse des autres LEGO ouvriers. Mais il finit par être embarqué bien malgré lui dans une aventure qui le dépasse complètement et à la fin quoique prévisible, ô combien magique.

The Lego Movie, c’est avant tout l’histoire qu’on a tous un jour ou l’autre rêvé de faire vivre à nos petits personnages en brique. C’est l’histoire parfaite qui va puiser dans tout ce qui fait l’imagination d’un marmot. Tous les univers LEGO sont réunis ici (d’abord pour en
faire la promotion) et surtout pour nous faire rêver, revivre les grands moments de notre enfance, les genoux enfoncés dans la moquette, à déchiffrer la dernière page du manuel de construction de notre vaisseau spatial. Mais de cette soupe commerciale, Lord & Miller nous livre le meilleur d’eux-mêmes pour que des icônes de la pop culture légoïfié ne reste que des personnalités qui leur sont propres, ersatz de leurs homologues non LEGO. L’intrigue est si bonne et les personnages si attachants que la fin nous effleure l’esprit alors qu’on rage de ne pas avoir eu toutes les boîtes de l’époque pour que s’entremêle dans notre salon des univers pirates ; western ; fantastiques ; moyen-âgeux etc. etc.

Les réalisateurs sont visiblement restés de grands enfants qui se sont amusés avec une candeur qui respire à l’écran pour nous offrir la meilleure histoire pour ceux qui ont gardé leur âme de gosse. L’imagination est l’arc central de cette histoire à la fin si inattendue qu’elle parvient à justifier tous les reproches qu’on aurait pu faire au film, pour conclure sur une apothéose qu’on aurait pu peut-être simplement sous-entendre histoire de conserver malgré tout la magie des pièces mobiles.

Au niveau du doublage on est véritablement gâté dans la VO puisque c’est Chris Pratt,
le Seth Rogen cru 2013 qui campe Emmet l’élu jovial au grand coeur. Morgan Freeman
et son doubleurs français campent le rôle de Vitruvius, le sage de l’histoire. Le rôle de la jeune fille un peu rebelle est confié à Elizbeth Banks qui le pilote de main de maître et Will Arnett nous prouve une fois de plus qu’il est à l’aise dans tous les rôles. Mention spéciale aux étoiles montantes Nick Offerman et Alison Brie découverts grâce aux séries, même

si le Panthéon des élus récèle un nid de célébrité aussi grand que celui inclu dans The Grand Budapest Hotel. Cobie Smolders, Liam Neeson, Jonnah Hill, Channing Tatum,

Dave Franco. On retiendra aussi la prestation de Will Ferrel parfait dans le rôle du grand méchant de l’histoire : Lord Business au nom aussi cassant que l’univers des adultes.

Un regard d’adulte sur un monde d’enfant qui finira immanquablement par nous rendre notre sourire perdu. LEGO the Movie c’est la promesse qu’on s’était faite un jour étant enfant de raconter l’histoire parfaite avec ses jouets, retrouvée des années plus tard dans la pensée collective de deux prodiges de l’animation. Si on oublie Tempête de Boulettes Géantes 2. Et probablement LEGO The Movie 2. 

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